NUIT BLANCHE 2011 PARIS

Nuit du 1er au 2 octobre — Église Saint-Merry

une réalisation sonore en collaboration avec Yves Coméliau

 

Nous parcourons l’avenue royale de Bogotá, la septième rue, indienne coloniale moderne démocratique violente mutilée… et voilà que la Septima passe par la nef de l’église Saint-Merry à Paris !

La cité rassemble hommes et femmes pour vivre ensemble. La ville donne une image de la cité.
La rue donne une image de la ville. Par sa diversité aléatoire et mobile elle donne accès à la réalité invisible de la cité, ce qu’on ne peut voir elle le montre.

INSTALLATION VIDEO AVEC POUR LA PREMIÈRE FOIS POUR UN PUBLIC NOMBREUX LE « SON EN RELIEF »
Projet conçu et coordonné par Jacques Mérienne

la Septima croise la rue Saint-Martin

La carrera 7a  traverse le centre historique de Bogotá pour remonter ensuite jusqu’au nord de la ville. Depuis plus d’une quinzaine d’années, de nombreuses allées et venues quotidiennes  sur  ce  tronçon  de  la  Séptima,  entre  la  Macarena  où  je  loge  et  la Candelaria où se trouve théâtre où nous jouons, m’ont rendu familier de la vie qui s’y concentre et s’y déploie, reflet d’une Colombie dont la population à la fois bouge et préserve son identité.

Dans ce lieu menacé par la modernisation existe encore « on ne sait quoi » de la vie urbaine qui disparaît des autres villes, des autres quartiers. Ont disparu peu à peu les gigantesques embouteillages de busetas relayées par le Transmileño, le marché des émeraudes sur le trottoir au carrefour de la Jimenes, la violence de la sortie des bars étouffée  par  le  couvre-feu  précoce,  les  bandes  de  gamines,  devenus  les  ñeros fantômes nus des rues… Toutes choses obnubilantes pour un parisien, d’ailleurs pris pour un gringo, mais pas plus que les vendeurs de minutes de téléphone celular, les charrettes débordantes de fruits inconnus, et l’incroyable convivialité qui ralentit son pas de citadin stressé. Combien de cris, mais combien plus de silences, combien de regards en tous sens, combien de courses et de suspens ?

L’envie de filmer cette vie m’est venue avec la peur qu’il ne s’agisse que de retenir en vain de l’eau entre les doigts. Des documentaires sur cette avenue, il y en a déjà plusieurs,  aucun  ne  nous  place  ici,  au milieu  de  ce  flux  vivant.  C’est  lui  qu’il  faut pénétrer pour que tout  ce qui se joue  sur ces trottoirs, à l’insu des passants  eux- mêmes, souvent de manière ténue, infime, se révèle simplement en créant par le son et l’image, la distance et la proximité qui permettent d’exercer un regard amoureux.   (J.Mérienne)

Voir et Dire