mon CARNET de RENCONTRE Almaz VAGLIO


mon carnet de rencontreL’année dernière, j’exposais 16 SILENCES HABITES au Collège des Bernardins.

Certes les lieux entendus étaient magnifiques, mais plus intéressant encore était le chemin parcouru.

Ces 16 lieux avaient donné naissance à 16 rencontres fortes et fondatrices.

Durant cette Semaine du Son je mettrai en ligne, chaque jour, un entretien sur la place qu’occupe le «sonore» dans la vie quotidienne de quelques personnes qui ont marqué ma route.

Vous pourrez retrouver cette espèce de blog éphémère, sur les sites de l’AFSI et de la Semaine du Son.

Jeudi 21 janvier 2016
entretien avec Almaz VAGLIO

Le projet d’Almaz avec echo-in à la Sainte-Baume montrait que d’évidence nous étions sur la même longueur d’onde. Jouer la musique de cette montagne, avec ces instruments fabuleux que sont l’eau, la forêt et le vent nous donnera l’occasion d’essayer de transmettre la force des lieux et la puissance ressentie.

Almaz VAGLIO

Où situes-tu la frontière entre ta pratique quotidienne de l’écoute du monde et ta pratique professionnelle ? Si elle existe.

Le sens auditif est le sens le plus développé chez moi. Depuis toute petite, je suis très sensible au son des voix, celle de mes proches au départ, puis mon premier ravissement a sans doute été l’écoute d’une chanson. Je me suis toujours réfugiée dans l’univers de la musique et me suis vite rendue compte de ses effets bienfaisants sur mon corps et mon esprit. Finalement mon écoute reste très musicale, à la recherche d’émotions et de la « bonne musique » et appréciant aussi bien les silences. Je perçois le son qui m’entoure très lié à l’air que je respire, le son et l’air font bloc, alors j’écoute comme je respire. Ceci explique certainement mon cheminement et parcours professionnel vers la pratique et la création musicale puis sonore, mon engagement et mon énergie à entreprendre des projets innovants pour aller plus loin. Donc pour moi pas de frontières, ma pratique quotidienne de l’écoute nourrit ma pratique professionnelle et vice versa.

A quoi fais-tu attention dans les sons qui t’entourent ?

Je fais attention à la localisation des sons dans mon espace et à la distance qu’il y a entre eux et moi. Un son très lointain que je perçois à peine attire autant mon attention qu’un son qui est très présent.

Je fais attention à ne pas subir le son mais plutôt à chercher le son.

Qu’écoutes-tu tous les jours avec le plus de plaisir ?

La voix de ma fille.

Quels sont pour toi les sons les plus beaux ?

Les sons les plus beaux sont ceux qui s’accordent avec l’instant que je vis, des petits signes qui tombent à pic à l’endroit où je suis ou selon mon état. Il s’agit des sons qui me réconfortent ou qui me connectent à quelque chose de plus grand. La musique joue ce rôle à merveille. Les sons de la nature également.

Pourrais-tu partager avec nous une émotion sonore récente ?

J’étais Place de la République pour l’opération des chaussures de la marche pour le climat à l’ouverture de la COP21 le dimanche 29/11/2015. Je prenais des photos puis attirée par de la musique je découvre un couple : lui joue du violon, elle chante. Juste au moment où je déclenche l’enregistrement d’une petite vidéo avec l’appli Vine, une ambulance passe, la sirène et le violon « jouent » le même air : coup de bol incroyable et moment de grâce imprévisible.

Pourrais-tu partager avec nous une émotion visuelle récente ?

Le 1er de l’an 2016, nous nous sommes approchés de deux éoliennes sur un petit plateau dans les Hautes-Alpes au dessus d’un barrage. Nous voulions entendre le son des éoliennes. Arrivés juste en dessous, nous restions béats à l’écoute du son du vent tranché par les pales et mêlé aux fréquences du son électrique. Puis en relevant la tête, le tour puissant et incessant des trois pales élancées vers le ciel m’apparut d’une élégance extrême.

Et tes projets sonores ?

En 2012, la rencontre avec la force envoûtante d’une montagne appelée Sainte-Baume entre Marseille et Toulon m’inspira le projet echo-in, un projet numérique innovant de valorisation de territoire par l’approche sonore et musicale. En partenariat avec le laboratoire Locus sonus, nous avions placé 5 micros « ouverts » pour capter le son environnant et le diffuser en streaming et en direct sur le site echo-in.com, l’idée étant de rester « connecté » à la montagne par son écoute à distance et en temps réel.

Puis le 24 mai 2013, nous avions organisé un concert  joué sur les grandes orgues historiques de la Basilique de Saint-Maximin retransmis en simultané 20 km plus loin au pied de la montagne et en direct sur Internet. L’idée de ce concert dédié pour célébrer la Sainte-Baume était de réunir le public situé en trois points distincts par la puissance émotionnelle du son et de la musique partagée au même moment.

Depuis, cette notion de transport du son et d’écoute en temps réel et à distance me passionnent, comme un rêve d’ubiquité qui nourrit un sentiment de liberté et de « sans frontières ». Je m’aperçois que ce nouvel accès répond à un besoin d’évasion, de curiosité et d’ouverture sans limite sur le monde d’aujourd’hui grâce à Internet et qu’il renforce un lien affectif avec des lieux et des êtres éloignés.

Aujourd’hui mon nouveau projet professionnel est de faciliter l’accès aux concerts qui sont diffusés en direct sur Internet en provenance des différentes plateformes. echo-in devient une fenêtre ouverte de découverte en temps réel de la musique qui est jouée chaque jour dans le monde, echo-in devient un media d’un nouveau format, comme un festival en ligne à l’échelle de la planète (http://echo-in-land2.strikingly.com/)

Il y aurait des composantes typiquement féminines dans la perception du monde sonore ?...

Je me dis que l’oreille féminine est peut-être davantage conditionnée par des intentions initiales de bien-être et d’affection portées sur les autres et le monde….

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