mon carnet de rencontreL’année dernière, j’exposais 16 SILENCES HABITES au Collège des Bernardins.

Certes les lieux entendus étaient magnifiques, mais plus intéressant encore était le chemin parcouru.

Ces 16 lieux avaient donné naissance à 16 rencontres fortes et fondatrices.

Durant cette Semaine du Son je mettrai en ligne, chaque jour, un entretien sur la place qu’occupe le «sonore» dans la vie quotidienne de quelques personnes qui ont marqué ma route.

Vous pourrez retrouver cette espèce de blog éphémère, sur les sites de l’AFSI et de la Semaine du Son.

Vendredi 15 janvier 2016
entretien téléphonique avec Christophe ANDRE

Nous nous croisons, Christophe et moi parce que nos familles sont proches et ont une histoire commune ; mais jamais nous ne parlons de notre travail.

Le son joue avec ce qui nous constitue fondamentalement.

Dans cette recherche, pas si anodine qu’il n’y parait, je voulais avoir le sentiment du thérapeute. Malgré un emploi du temps très chargé, il a pris le temps de cette rencontre.

Qu’il en soit remercié.

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Pour ta première question, je ne sais pas si j’ai bien compris. Où situes-tu la frontière entre pratique de l’écoute et pratique professionnelle ? Est-ce, qu’au fond, que je suis sur une façon d’écouter différente quand  je suis psychiatre à Sainte Anne et quand je suis dans le reste de ma vie ? C’est çà ?

C’est çà. Et, en même temps, tu as déplacé une question qui ne t’était pas destinée au départ. Je voulais écrire sur un site de techniciens du son, l’AFSI, car ma grande surprise avait été de constater qu’ils ont un rapport très différent avec le son dans leur univers professionnel et dans leur vie de tous les jours. Ce qui n’est peut-être pas le cas pour toi.

C’est amusant ce que tu décris par rapport aux techniciens du son, parce que, c’est vrai qu’au fond, ils sont peut-être techniciens du son à leur boulot, mais ils ne le sont peut-être plus dans leur vie de tous les jours. Mais c’est vrai aussi pour les psychiatres, en tout cas pour le psychiatre que je suis. C’est sur que la manière d’écouter quand je suis en consultation, je l’abandonne quand je ne suis plus en consultation. Souvent quand tu es invité à une soirée, et que tu ne dis rien, les gens pensent que tu es en train de les écouter, de les analyser. En réalité, ce n’est pas du tout, çà. On est sur un autre registre. Je pense que c’est propre à tous les métiers, de ne pas être en permanence sur le registre de la pratique professionnelle.

Après, je vais te dire en vrac ce que m’inspire ta question. C’est vrai que dans la pratique professionnelle, de soignant en général et de psychiatre en particulier, l’écoute est un des éléments de la relation, de la réceptivité globale qu’on a vis-à-vis des personnes que l’on soigne. Bien sur, on observe le corps, on est dans une proximité physique, mais l’écoute est très très spécifique dans la mesure où on écoute ce que nous disent les gens, les mots qu’ils nous disent, mais on cherche en permanence à voir, si ils nous disent tout, si le plus important n’est pas dans ce qu’ils ne disent pas , dans ce qu’ils ont du mal à dire, dans ce qu’ils négligent de dire, plus ou moins volontairement. Et, ce travail, c’est exactement celui que l’on ne fait pas quand on sort du boulot. A priori quand on passe une soirée avec des copains, on ne passe pas notre temps à se demander: Est-ce qu’ils disent tout ? Est-ce que ce qu’ils disent correspond à ce qu’ils ressentent. On part du principe que ce qu’ils disent et ce que l’on écoute suffit. On n’a pas besoin d’aller plus loin.

Tout çà, c’est polarisé à l’extrême dans la situation de psychanalyse, ce que je ne fais pas. Tu sais que dans la situation de psychanalyse, on ne se regarde pas, le patient regarde le plafond ou le mur sur le divan, le psychanalyste regarde son carnet de notes. Là, tout passe par le canal de la voix, de la parole, de l’écoute. Moi, je suis dans un registre de thérapie où l’écoute est un des éléments, sans doute le plus important, mais pas le seul, puisque je fais aussi des jeux de rôle, de la méditation, de la relaxation…

C’est effectivement un peu la même chose. Comme pour un techniciens, qui cherche le défaut derrière un son et non pas la beauté ou la qualité de ce son. Du coup, une petite question m’apparaît : Qu’est-ce que tu arrives à attraper avec le son de la voix ?

Déjà tu attrapes tout le registre émotionnel. Les émotions colorent extrêmement la voix. Elles sont extrêmement présentes. On sent très bien les patients qui vont se mettre à pleurer. Tu as une espèce de voix qui annonce l’arrivée des sanglots. On le perçoit aussi sur leur visage, leur raideur. Parfois, pour ceux qui font des efforts pour sourire ou pour banaliser, on perçoit, à un moment donné, à la tonalité de leur voix que l’orage émotionnel va arriver. On a l’habitude de sentir l’anxiété dans les tonalités de voix. Je suppose que çà doit se traduire par des fréquences sonores qui doivent basculer vers les aigus. Tu sais, il y a tous ces travaux qui montent que les mamans différencient très bien dans les pleurs de leurs bébés, les vrais pleurs où il y a un vrai danger ou une vraie douleur et puis les pleurs de colère, d’agacement, d’impatience. Quand les gens comme toi analysent les fréquences sonores, ils voient très clairement que les vrais pleurs de détresse sont saturés en fréquences aigus, si je me souviens bien et que les mamans savent faire la différence, même si elles ne savent pas expliquer pourquoi. Les psychiatres ou les thérapeutes qui ont quelques années de vol sentent aussi à la voix ces histoires de sincérité ou d’insincérité.

(On peut aller voir de ce coté NDLR)

NIRS_cahier_audition-2013.pdf

ou par là

http://sapience.dec.ens.fr/babylab/media/presse/2011_pourlascience.pdf

Donc c’est un puissant marqueur émotionnel, mais tout comme pourrait l’être le corps ou le visage. Nous, on est à l’affut, du contenu du discours, mais aussi du contenu émotionnel dans lequel les informations sont délivrées.

Du coup, est-ce qu’une telle qualité d’écoute, une telle qualité d’informations, on la garde pour la vie de tous les jours, ou c’est beaucoup trop, cela nous submergerait d’informations ?

Je ne crois pas que ce serait trop fatiguant, en tout cas dans mon cas. Je ne peux parler que de moi, je n’ai pas de notion d’études. Mais pour la plupart d’entre nous, mes copains et moi même, quand on bavarde, on ne peut pas être à l’affut comme çà dans une écoute exclusive. En permanence, ce serait trop fatiguant et puis surtout, il y a plein d’autres choses à faire de ses oreilles et de son cerveau dans tout le reste de notre vie. C’est ce qui fait que l’on ne peut pas voir, en tout cas pas correctement, un trop grand nombre de patients dans une journée parce que çà demande une attention, une tension élevée. Il y a d’autres moment où notre écoute est en roue libre, ou on n’écoute pas trop ce que l’on nous dit parce qu’on est dans nos pensées, nos images, nos projets. Donc çà fonctionne un peu comme chez tout le monde. Chez les thérapeutes, comme chez les ingénieurs du son, ils ont ce petit logiciel qui est à même de se réveiller s’ils en ont besoin, s’ils le décident, mais il n’est pas ouvert tout le temps.

Et dans ta vie quotidienne, c’est un sens avec lequel tu as du plaisir, ou justement, parce que tu l’as beaucoup utilisé, tu le mets un peu en repos ?

Oui, je l’utilise avec plaisir. D’abord parce que je suis thèseux globalement. Je préfère écouter que parler, je suis plutôt introverti. Je suis beaucoup plus musclé de l’écoute que de la parole, malgré les apparences. Les gens me voient souvent parler dans les médias, mais en réalité je suis beaucoup plus souvent en train d’écouter ou de me taire, que de parler. Ensuite, moi, j’ai des problèmes spécifiques avec l’écoute. J’ai des acouphènes depuis l’âge de vingt ans, après une exposition à un concert de rock trop près des enceintes, comme beaucoup de gens. Qui sont très violents mais qui ne font pas souffrir, comme cela fait souffrir certains patients, (tu sais, il y a des gens que çà rend dingue), mais qui sont gênants. Je perçois le monde auditivement à travers ces acouphènes. Comme toutes les difficultés, même si celle là n’est pas majeure, çà me rend l’écoute plus précieuse. Ce qui nous rend marcher précieux, c’est le fait de nous être cassé la jambe. Une fois que l’on a eu un plâtre on s’aperçoit que c’est génial de marcher sur ses deux jambes… Et moi ces acouphènes me rendent encore plus savoureux les bruits de l’existence. Je m’aperçois à quel point c’est génial de pouvoir écouter. Les quelques fois où j’ai eu à soigner des personnes sourdes ou malentendantes, à dialoguer avec elles, je me suis aperçu de la violence que représentait ce handicap. Beaucoup plus, par exemple, que la cécité. Les personnes aveugles disent que c’est une privation un peu moins cruelle que celle de l’ouïe. Même si c’est un peu cruel de faire cette hiérarchie. La privation auditive complique énormément la vie relationnelle. Du coup, moi qui aie ce petit truc de rien du tout, j’aime écouter, j’aime les sons. Mais je n’aime pas les sons violents, parce qu’à chaque fois, j’ai le sentiment que çà me bousille encore plus mon petit capital auditif.

Et dans ces sons qui te réjouissent, il y en a de plus particuliers que d’autres ?

Oui, je pense être très ordinaire là dessus. Moi ce sont les sons de la nature en général. Le chant des oiseaux dans les bois. Le vent au sommet des arbres. A la campagne, où la cime d’une montagne. Le ressac de la mer. J’aime beaucoup tous les sons lointains, quand tu es un peu en altitude, comme quand tu es venu à Serre-Ponçon, le soir tu vas te mettre sur la terrasse et tu entends les sons qui montent de la vallée. Toutes les rumeurs lointaines. Les rumeurs des soirs d’été quand tu es dans le jardin, et que tu entends vaguement les bruits venant des autres jardins. Les martinets, les hirondelles qui passent très haut, qui attrapent leurs insectes, qui font leurs piaillements. Voilà, les bruits naturels. Les bruits lointains

Et, à ce moment là il y a un sentiment associé ou c’est le plaisir ?

Je pense que c’est un sentiment de connexion, d’appartenance. Peut-être plus fort qu’avec la vue. L’impression d’être immergé dans un bain sonore qui est le marqueur de mon immersion dans ce monde que j’habite en ce moment. Un sentiment d’appartenance, d’apaisement, de connexion. Et je comprends du coup ce que peuvent  ressentir les personnes sourdes : être face à paysage qui ne leur parle pas, qui ne leur chuchote rien à l’oreille. Je comprends bien la violence que çà peut avoir. Alors qu’une personne aveugle face à un beau paysage est connectée à lui par les sons qui lui arrivent.

Tu as répondu avec les mêmes mots que ceux que j’utilise pour l’écoute urbaine, le sentiment d’appartenir au monde, d’être à sa place.

Justement sur cette question,  nous avons un exercice dans l’univers de la méditation. Quand on apprend à nos patients à méditer, on leur apprend à mieux se servir de leur esprit, à mieux comprendre comment fonctionne leur cerveau, et on leur fait faire des exercices spécifiques sur les sons. On leur demande de se poser, de s’asseoir, de fermer les yeux, de stabiliser leur attention… et au bout d’un moment de se rendre disponible au son et de noter, à ce moment là, à quel point il y a deux choses différentes. Il y a le son en lui même, qui arrive de droite ou de gauche, qui a telle fréquence, telle intensité, telle régularité (qui apparaît, qui disparaît, qui est constant) et puis il y a ce qu’il engendre à leur esprit. Cà leur fait penser à telle image, à telle émotion, à telle idée. Et ce que l’on veut leur apprendre à travers cet exercice, c’est d’écouter les sons, juste pour ce qu’ils sont. De bien faire la différence entre un son et sa signification. Un son d’ambulance qui passe, par exemple, et il en passe souvent puisqu’on est dans un hôpital… Et bien, on leur propose de l’écouter, juste pour ses caractéristiques physiques. Par où arrive-t-il ? Vers où se dirige-t-il ? Quelle est la fréquence ? Qu’elle est la tonalité ? Et de bien observer ce qu’une écoute très animale, très basique, très sensorielle, engendre à leur esprit. Ça va, leur engendrer des images, peut-être des pensées, « pourvu que les enfants n’aient pas d’accident… » ou « çà me rappelle quand j’ai du monter dans une ambulance… ». L’idée de cet exercice, à terme pour nous thérapeutes, c’est de leur apprendre, peu à peu,  à avoir du recul par rapport aux stimulations extérieures, avec ce qu’elles peuvent engendrer comme inquiétudes, comme ruminations en eux.  On se sert des sons comme d’un outil de travail, pour leur montrer qu’il y a des données physiques et puis sur ces données, des images, des embrayages de pensée et des jugements aussi. Tel son est agréable, tel son est désagréable. Pendant la séance de méditation, ce que l’on souhaite leur apprendre, c’est de ne pas automatiquement se dire, putain ce bruit, çà me gêne,… mais de leur dire : « accueillez ces sons  ». Sauf si ce sont des sons fracassants. Il y en a qu’il est difficile d’accueillir. Mais, observez d’abord où il est, d’où il vient, … ses caractéristiques physiques, et dissociez cette écoute, cet accueil du son, de l’impact qu’il a sur vous. De toute façon vous ne pouvez pas faire autre chose, c’est comme la pluie, elle est là, vous ne pouvez pas la faire partir. Observez, si ce qui vous dérange, c’est ce son lui-même ou tous les contenus mentaux qu’il active en vous, tous les jugements qu’il suscite en vous. En gros, on leur apprend à accueillir tous les sons du quotidien de manière non jugementale. J’y pensais quand tu t’es mis à parler des sons urbains. Et çà, çà fait baisser beaucoup leur niveau de stress. Quand tu as des travaux dans l’appartement à coté de chez toi, le premier réflexe c’est de se focaliser sur le coté agaçant, mais çà accroît encore le stress qui peut être lié au coté permanent et répétitif de ces travaux. Donc on a ce type d’exercices aussi, dans nos approches méditation thérapeutique.

C’est un exercice ou une façon de sentir le monde ?

C’est les deux. Nous c’est un exercice parce qu’on leur explique que finalement il faut qu’ils traitent les ennuis de leur vie un peu comme ils traitent le son. Le son est là. Il a ses caractéristiques qui peuvent être plaisantes ou déplaisantes, mais ce que nous allons faire, la place que nous allons faire aux images, aux pensées qu’il engendre, c’est peut-être la part la plus importante du problème, ou des souffrances. Et dans la vie c’est souvent comme cela. Il y a les obstacles que la vie met sur notre chemin, et il y a toutes les ruminations que cela déclenche dans notre esprit. Le travail sur les sons est un bon exercice pour faire la différence entre ce qui est, et ce que j’en pense.

Après ; mais çà c’est toute la question de la méditation…on sait bien que chaque fois que les patients font ce type d’exercices avec les sons (tout comme quand il font des exercices de contemplation visuelle), çà n’a pas seulement des vertus thérapeutiques, mais çà à aussi des vertus existentielles. Ils se posent. Ils se connectent au monde qui les entoure, sans chercher à le juger ou à le contrôler. Et donc, bien évidemment cela va au-delà du contrôle des ruminations anxieuses ou dépressives.

Est-ce que tu aurais un exemple personnel sur ces moments où tu te sens connecté au monde ?

Tous les moments où je ne suis pas en guerre contre les sons. Où je ne cherche pas à juger, c’est bien, ce n’est pas bien, c’est ceci, c’est cela où je suis juste dans l’appartenance et l’acceptation du bain sonore, quand je suis dans cet état de réceptivité non combative alors ce sont des moments où je me sens dans un rapport d’appartenance, de fusion avec mon environnement. J’ai des souvenirs assez forts, quand on faisait de la méditation avec les patients, on sortait faire des séances aux beaux jours dans les jardins de l’hôpital. On s’asseyait en tailleur, sur l’herbe, on fermait les yeux. Et l’exercice consistait à rester une demi-heure, juste dans l’environnement très spécifique de l’hôpital Sante Anne, où tu es dans un petit havre de verdure relativement calme, avec une énorme ville autour de toi qui n’arrête pas de générer des rumeurs mais qui t’arrivent de loin, comme filtrés et apaisés. Et donc faire l’exercice sur les sons dans cet environnement spécifique, dans cette ambiance spécifique, était très intéressant, très apaisant et donnait à tous les participants ce sentiment de relation apaisée, sereine et assez harmonieuse avec le monde environnant.

Comme quoi, des univers différents formulent au bout du compte les mêmes réflexions.

Y-a-t-il un point que nous n’avons pas abordé ?

Tu me demandais une émotion sonore…Ça me revient.

Chaque fois que je vais faire une retraite, notamment dans les monastères bénédictins, comme l’abbaye de Solesmes, c’est le bruissement des robes des moines qui rentrent et qui sortent, qui me touchent. C’est très silencieux une église abbatiale. Tu es installé, toi, sur ton banc, tu médites, tu pries, et à un moment donné, tous les moines arrivent. Ils arrivent en silence. Ils glissent. Ils donnent l’impression d’être sur coussins d’air. Ils ne parlent pas, ils sont silencieux, il n’y a même pas de bruits de pas. Le seul bruit est le bruit de leur robe. De grandes robes en coton. Leur arrivée à cinquante fait une espèce de bruissement qui me touche et que j’adore. Chaque fois que je réentends ce son là, c’est comme la madeleine de Proust, çà a une vertu d’ancrage spirituel extraordinaire

Et pour le visuel ; c’est le même type d’émotions ?

Le visuel me procure des émotions très fortes également, mais de nature différente. Peut-être plus égoïstes. Quoique non. Lorsqu’on est monté au sommet d’une montagne et que l’on voit l’horizon environnant, c’est aussi fort. De nature différente sans doute. Je le savoure, plus que je ne conceptualise. C’est peut-être plus compliqué d’établir des frontières entre soi et non-soit dans le son que dans la vision. Quand tu regardes, tu as beaucoup plus cette notion du dehors, du dedans, du proche, du loin. Quand tu écoutes, le son est en toi, forcément. Et tu n’arrives pas à voir la différence entre ce qui est dehors et ce qui est dedans. C’est peut-être pour cela, qu’il me donne ce sentiment d’appartenance plus fort. Les plaisirs sont aussi intenses, mais la connexion est plus forte par l’écoute que par la vision.

Merci beaucoup d’avoir pris ce temps

C’était un plaisir.

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